Par Pierre Perreault>
Avril 2026
Lorsque les amis Italiens venus de Parme, Luigi Leoni et Cesar Onniboni, ont ouvert leur restaurant, en juin 1974, à quelques centaines de mètres du Château Frontenac à Québec, ils étaient loin de se douter qu’on en parlerait encore plus de 50 ans plus tard. On sait maintenant d’où vient le nom de cet établissement qui traverse les époques tout en préservant la tradition des fondateurs.
C’est désormais à Stéphane Roveredo (photo) et ses trois associés qu’on doit la poursuite de ce grand succès historique et culinaire, après que Luigi ait pris sa retraite en 2023.

Stéphane fait partie de l’équipe du Parmesan depuis plus de 25 ans. D’abord plongeur en 1989, puis commis de salle, il gravit chaque échelon avant de devenir le maître d’hôtel pendant de nombreuses années. Propriétaire du restaurant et de l’immeuble datant de 1848, patiemment restauré en respectant son cachet d’époque, où se transmet une tradition culinaire et familiale fidèle aux racines italiennes, Stéphane se consacre maintenant aux tâches administratives et de gestion générale.
Comme il le dit lui-même, « Dans ce restaurant familial de 130 places, chaque client est reçu comme un invité. L’expérience dépasse largement l’assiette : elle touche à l’essentiel, à cette chaleur humaine devenue si précieuse ».

Lui-même a grandi dans un environnement familial de restauration alors que son père, Germano Rovedero, opérait le réputé resto gastronomique La Ripaille bien connu pour ses viandes de gibier. Fait à signaler, aujourd’hui, ses quatre enfants travaillent au Parmesan en permanence ou à temps partiel.
Depuis l’acquisition en 2021, la nouvelle équipe a choisi de maintenir la majorité des éléments qui ont fait le succès et l’attrait auprès de la clientèle. Toutefois, Stéphane Rovedero avoue qu’on a apporté quelques changements au menu, alors que 75% de celui-ci demeure le même. Toutefois, on s’entend pour dire que le Parmesan ne serait rien sans sa cuisine, qui constitue le cœur battant de l’expérience. Loin d’une cuisine rapide, on y privilégie les préparations longues et le travail artisanal.
Les amateurs et habitués seront heureux d’apprendre que le prosciutto est toujours fait maison, tout comme le saumon fumé — préparé selon une méthode de fumage à froid au bois de pommier, après un salage de 24h. Le vinaigre balsamique, lui aussi, est élaboré sur place, puis conservé en baril 12 ans, dans le respect des traditions. Bien entendu, les pâtes sont toujours au cœur des plats préférés de la clientèle, plusieurs arrosées de sauces exclusives.
Enfin, un repas au Parmesan peut difficilement se conclure sans un des fameux desserts. On en propose une quinzaine presque tous préparés par le pâtissier-maison. Le Parmesan a d’ailleurs été le premier restaurant de Québec à se doter d’un guéridon réfrigéré, ou d’un charriot à dessert frigorifié, afin d’être en mesure de pouvoir offrir à ses clients un vaste assortiment, passant par des fruits frais et d’exquises pâtisseries italiennes, françaises ou autrichiennes, sans oublier les tiramisus.

Dès l’entrée, on est saisi par l’ambiance chaleureuse et feutrée de l’endroit. On est invité au voyage sans même quitter Québec. Les couleurs de l’Italie se conjuguent aisément par l’accueil, le menu et ses spécialités maison, les odeurs, le décor unique, les fameux desserts et la musique de l’accordéon présente tous les soirs. Sans oublier les quelque 4000 bouteilles et flacons de collection provenant des tous les coins du monde que le fondateur a accumulé et installé sur des cimaises en haut des murs du restaurant, créant un décor spectaculaire.
Les convives peuvent aussi compter sur une carte de 120 vins et profiter de 300 différents alcools pour accompagner leurs repas. Les fameux cafés flambés sont toujours très populaires.

Enfin, les nouveaux propriétaires associés de l’endroit ont entrepris des rénover les étages supérieurs de l’immeubles pour éventuellement y proposer de l’hébergement et de l’habitation longue durée. Ils sont aussi à développer des stratégies de marketing pour rajeunir la clientèle et attirer plus d’adeptes sur le plan local.
Ce qui est certain, c’est que l’approche tradition et modernité fait partie de ce que Stéphane Rovedero et son équipe favorisent pour la poursuite du succès de cet endroit mythique dans l’univers culinaire et gastronomique du Vieux-Québec. On y mange 7 jours sur 7, toute l’année, le midi et le soir.

Restaurant Le Parmesan
restaurantparmesan.com
38, rue Saint-Louis
Vieux-Québec (Qc)
(418) 692-0341
Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) accueille depuis le 26 février et jusqu’au 12 octobre 2026 l’exposition Hyperréalisme. Ceci n’est pas un corps. Première canadienne d’une tournée internationale qui l’a menée dans 17 villes, de Bilbao à Québec, cette exposition d’envergure réunit une sélection d’œuvres représentatives de la sculpture hyperréaliste à l’échelle nationale et mondiale.
À travers une quarantaine d’œuvres au réalisme époustouflant, réalisées par 35 artistes d’ici et d’ailleurs, elle retrace l’évolution de la figure humaine dans la sculpture des années 1970 à nos jours. En rupture avec l’abstraction, l’hyperréalisme est une tendance artistique née dans les années 1960 aux États-Unis. À l’époque, des peintres et des sculpteurs et sculptrices souhaitent offrir une nouvelle forme de réalisme en lien avec la société contemporaine. S’inspirant parfois des effets spéciaux utilisés dans le cinéma, ils recourent à des matériaux inédits comme le silicone, la résine de polyester et la fibre de verre afin de restituer dans le détail l’apparence et les textures du corps humain.

Ces pionniers et pionnières, et les générations d’artistes qui ont suivi, font preuve d’une telle précision technique que leurs œuvres semblent surgir du réel. Dans une scénographie inédite, l’exposition rassemble des sculptures de ces pionniers et pionnières et d’artistes de renom. La présentation du MNBAQ est par ailleurs enrichie de créations d’artistes du Québec et du Canada, qui s’inscrivent dans ce mouvement artistique à la lisière du réel : Alain Benoit, Stanley Février, Louis Fortier, Milutin Gubash, Karine Payette et Mark Prent.
Véritables miroirs de la condition humaine, leurs œuvres mettent en scène les transformations de la société et celles de notre rapport au corps au fil des cinquante dernières années. L’approche illusionniste de ces artistes donne corps à des réflexions sur l’expérience humaine. Leurs créations traitent de sujets universels – l’enfance, la vieillesse, la solitude, la relation à soi, le passage du temps et la mort – tout en adoptant une posture critique vis-à-vis du monde d’aujourd’hui, avec des prises de position qui vont bien au-delà du simple défi de ressemblance.
Leurs œuvres en trois dimensions brouillent les frontières entre l’art et la science, et explorent les thèmes du simulacre, de la manipulation génétique ou de la conscience de soi. Le titre de l’exposition fait d’ailleurs écho au célèbre tableau de René Magritte, sur lequel on peut lire « Ceci n’est pas une pipe », remettant en question le rapport de l’art à la réalité.

« Une galerie de personnages plus vrais que nature vous donne rendez-vous au Musée national des beaux-arts du Québec. Ces œuvres des plus grands noms de l’hyperréalisme d’ici et d’ailleurs soulèvent des réflexions essentielles sur notre rapport au corps dans notre intimité et dans notre société. C’est une exposition profondément émouvante, une expérience à échelle humaine, qui ne laissera personne indifférent », affirme Jean-Luc Murray, directeur général du MNBAQ.
« L’exposition offre un aperçu saisissant de la vivacité et de la pertinence de l’hyperréalisme aujourd’hui. Les frontières entre le réel et le virtuel s’amenuisent en même temps que notre capacité à distinguer le vrai du faux est malmenée par l’intelligence artificielle. Le sens de nos existences et de notre humanité s’envisage maintenant selon de nouvelles perspectives. Les hyperréalistes nous accompagnent dans cette grande aventure en nous indiquant parfois des chemins moins fréquentés », poursuit Caroline Lantagne, commissaire d’expositions au MNBAQ et commissaire de la présentation québécoise.
Intégrant des œuvres d’artistes du Québec et du Canada, la présentation québécoise fait la part belle à plusieurs œuvres de la collection du MNBAQ et intègre des prêts consentis notamment par le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal, la Collection Giverny Capital et l’artiste Karine Payette représentée par la Galerie Art Mûr.

Présentée au rez-de-chaussée du pavillon Pierre Lassonde, l’exposition se déploie en six sections qui présentent le vaste champ des possibles exploré par les artistes hyperréalistes. Chaque section s’articule autour d’un concept formel, fournissant des clés de compréhension pour interpréter les œuvres. La sélection de sculptures offre un aperçu du travail des hyperréalistes et montre que les représentations du corps humain sont en constante évolution. Au fil du parcours, une sélection de vidéos permet au public de percer certains secrets de fabrication des œuvres révélés par les artistes mêmes.
Hyperréalisme. Ceci n’est pas un corps.
Au MNBAQ, Pavillon Pierre Lassonde
179, Grande Allée Ouest, Québec (Qc)
Jusqu’au 12 octobre 2026
Horaire et billetterie : mnbaq.org
Information : 418 643-2150
Lorsqu’on se présente devant les étalages de la boulangerie Le Farinographe au centre-ville de Rimouski, on sent tout de suite qu’il se passe quelque chose d’exceptionnel derrière ces grandes vitrines qui nous permettent de voir le personnel et le proprio à l’œuvre.
De plus, avec son déménagement de l'autre côté de la rue Saint-Germain, dans un local plus grand et mieux adapté à ses activités et à sa croissance, en mai 2024, la boulangerie-pâtisserie-café a pris des allures de modernité qui lui vont à merveille.

Ici on prépare les chocolatines, là-bas on enfourne les baguettes qui vont s’envoler plus tard « comme des petits pains chauds », pour reprendre l’expression populaire. À l’accueil, le sourire du personnel qui connaît par cœur le nom et les saveurs des produits en étalage, ajouté aux bonnes odeurs diverses qui émanent de l’endroit, font titiller nos papilles gustatives sans même avoir goûté à rien.
De plus, le comptoir propose dorénavant le café sous plusieurs formes, au grand plaisir de la clientèle qui s'y présente toute la journée, dès 7h et ce jusqu'à 18h (sauf le lundi où on prend congé).

Originaire de Mont-Joli, le propriétaire Rémi Bélanger a toujours œuvré dans le domaine alimentaire, avec un intérêt marqué pour les aliments biologiques, ce qui l’amena à exploiter une petite ferme maraîchère biologique à St-Octave-de-Métis dans les années 80, avant de faire un retour aux études et à l’enseignement dans les années 90.
De fil en aiguille, avec le goût de revenir au bercail après une quinzaine d’années dans la formation en transformation des aliments à La Pocatière et le désir de démarrer à nouveau un projet d’entreprenariat, il analysa le potentiel de lancer une nouvelle boulangerie artisanale à Rimouski.

Installé d'abord dans le complexe abritant la Coop Alina, qui songeait à agrandir sa section de produits frais et manifestait un grand intérêt pour y inclure un service de boulangerie, c’est dans ce contexte qu’on a pu assister au démarrage de la Boulangerie Le Farinographe en juillet 2019, un beau « projet de retraite » précise-t-il.
En plus d’une importante gamme de pains, allant des plus légers aux plus denses, on y propose viennoiseries, pâtisseries et sandwichs variés. Le pain au levain demeure une spécialité de l’endroit qui plaît grandement aux nombreux restaurants qui s’en approvisionnent.
Rémi Boulanger ne s'en cache pas : le déménagement a permis de se doter de plus d'espace pour la production, une meilleure accessibilité avec pignon sur rue, et d'une meilleure autonomie pour desservir la clientèle. On peut désormais offrir les déjeuners et on y a aménagé un coin pour permettre de s'attabler pour consommer sur place. De plus, on en a profité pour revisiter certains produits, dont le prêt-à-manger, les mets végan, les sandwiches et la variété de pâtisseries.
Enfin, ces changements dans la production ont contribué à porter le nombre d'emplois à 19.
Boulangerie Le Farinographe
lefarinographe.com
110, rue Saint-Germain Ouest
Rimouski, QC G5L 4B5
418.725.5297